Grand Chelem Marathon

Un défi unique pour une cause unique : Un marathon sur chaque continent au profit des enfants malades.

Marathon des Big Five. Parc National d’Entabeni. Samedi 22 juin (1)

Ravinside Lodge. Réserve d’Entabeni. Afrique du Sud.

Réveil 4h30. Nous avons bien dormi. Notre préparation est rapide mais efficace. La température extérieure est de 0°C. Nous sommes en plein hiver africain. Au programme, s la pommades chauffante sur le dos et sur les jambes pour favoriser la mise en route. Nos sacs ont été préparés la veille. A 5 heures, nous sommes prêts à monter dans les 4x4 qui nous conduisent au Lodge principal où nous prévoyons de prendre une collation d’avant course. Des pâtes, du pain, des gâteaux secs (nous évitons les fruits, les légumes et tout ce qui pourrait être irritant pour les intestins durant la course). Du thé et de l’eau pour partir hydratés au maximum. A 6h30, nous embarquons à destination de Lakeside où nous allons rejoindre l’ensemble des coureurs. 3 courses sont prévues, un 10 km, un semi et un full marathon.

 

A 6h45, nous sommes sur place. Il y a foule. Nous déposons dans les cartons prévus à cet effet notre ravitaillement de course (prévu sur les points D au km 18 et F au km 29). Une salle est également mise à disposition pour le change, le dépôt des sacs et l’échauffement d’avant course.

 

A 7h45, nous sommes sur la ligne de départ, prévu à 8 heures pile. Le soleil monte sur l’horizon, mais il fait encore froid. Tout juste 3°C. Le départ est donné à 8 heures pile. Nous sommes les seuls français parmi les 117 coureurs à s’élancer sur le marathon, 59 femmes pour 58 hommes. Parité parfaite ! Les premiers 500m s’effectuent en pente descendante, sur une piste de terre rouge.

 

Nous franchissons un premier gué au-dessus de la rivière avant de remonter vers le monolithe d’Entabeni. La pente s’avère plus raide qu’il n’y paraissait lors de la reconnaissance. Nous parvenons sur le plateau, passons devant le Lodge principal de Ravinside, avant d’amorcer une longue montée à travers la savane, suivie d’une zone pierreuse qui nous rappelle nos terrains d’entrainements du côté du Semnoz au-dessus du lac d’Annecy. Des cailloux, des pierres plates, des lapiaz, du rocher, un terrain inégal et traître pour les chevilles et les appuis, mais nous sommes habitués à ce type de terrain. 10 kilomètres sont franchis au moment où nous atteignons le point culminant de la course, situé à 1714 m d’altitude.

 

Le point de vue est superbe sur les ravins et vallons de la zone de Ravinside. La nature, sauvage et totalement préservée, s’étend à perte de vue. Un demi-tour est prévu à ce point de la course. Nous croisons les concurrents qui terminent leur ascension, au moment d’entamer la descente qui va nous mener jusqu’au plateau inférieur.

 

Un long faux plat descendant et pierreux, flanqué de hautes herbes jaunes, pour la première partie, puis une piste de terre claire avant d’aborder la piste très pentue de sable rouge qui s’enfonce dans la zone dite du « Yellow Wood ». Cette partie encastrée entre deux masses montagneuses est plutôt fraiche, entièrement à l’ombre. Les herbes sont blanches, encore gelées au sol. Nos sensations sont bonnes. Le premier tiers du marathon s’effectue en 1h25, tout va bien. Des ravitaillements sont positionnés tous les 4 kms. Eau, boisson énergétique et bananes sont à notre disposition.

  

28 rangers armés sont également postés sur le parcours pour notre sécurité. Nous évoluons sur le territoire des Big five, les cinq grands mammifères d’Afrique (rhinocéros, lion, léopard, buffle, éléphant), tout au long de la journée. Nous pouvons croiser à tout moment des rhinocéros,  gnous, impalas et zèbres sur la partie haute, puis les lions, léopards et éléphants sur la partie basse du plateau. Selon les rangers, les buffles ne sont pas attendus sur le parcours... leur territoire se situe un peu plus loin dans la réserve d’Entabeni.  

 

Pour les lions et léopards, par contre, nous devons veiller à passer en dehors des heures de « chasse », pendant que les fauves se reposent, cachés dans les herbes hautes de la savane. Mais toutes les consignes données lors du briefing d’avant course restent de mise.

 

Vigilance et comportement à adopter en cas de rencontre avec l’un des Big Five : ne pas crier, ne pas courir, ne pas reculer, faire face à l’animal, prévenir un ranger dans la mesure du possible ou attendre que l’animal poursuive son chemin. Facile à dire, mais pas facile à appliquer le moment venu…les conditions de course de ce marathon sont vraiment uniques !

 

Nous poursuivons malgré tout notre descente « en piqué » vers l’escarpement inférieur. 450 mètres de dénivelé négatif sur une portion de deux kilomètres donnent une idée de la pente descendante…on parle bien d’une pente à 45% ! Les quadriceps sont mis à rude épreuve !

 

  Marathon des Big Five. Parc National d’Entabeni. Samedi 22 juin (2) >